Ne rien vouloir savoir de la haine raciste et antisémite qui se déchaîne en toute légitimité est le signe d’une démocratie qui vacille. « Je n’en veux rien savoir »[1] est une définition du symptôme en psychanalyse. Ce qui a motivé ma recherche a été un désir de savoir, de contrer ce « Je n’en veux rien savoir » auquel chacun se confronte.
Pourquoi les Juifs sont-ils la cible d’une haine séculaire ? S’agit-il de ce qu’ils font ? De ce qu’ils sont ? Ce que signifie « être Juif » est-il la cause de cette haine ? Comment se met elle en place ? Autrement dit quels sont les mécanismes psychiques à l’œuvre dans la haine ? Telles sont les questions qui m’ont orienté dans ce livre. L’étrange concomitance de l’invention du mot « antisémite » et du mot « psychanalyse » ne peut pas nous laisser indifférent et nous encourage vers une approche psychanalytique de l’antisémitisme.
[1] Lacan, J., Le séminaire, livre XX, Encore, texte établi par Jacques-Alain Miller, Paris, Seuil, 1975, p. 9.



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